mercredi, juin 23, 2021

Hergé : hommage à Bergier et Heuvelmans dans Le Soir Mag

«Hergé se passionnait pour les mondes secrets» Arnaud de la Croix dévoile une autre facette du père de Tintin : son goût pour l’étrange et l’invisible. Hergé était un homme érudit, sensible et ouvert à bien d’autres dimensions que celle des mondes connus. Telle est la piste suivie par l’auteur belge Arnaud de la Croix dans un livre étonnant sur le maître belge de la BD. Une sorte de face cachée, qui porte bien son nom. Pour Hergé, ce fut une passion, enrichie de recherches et d’allusions précises dans ses albums. Loin du simple conteur d’aventures autour de son héros… Hergé avait donc la passion des sciences occultes ? Effectivement. Cette passion a commencé très tôt dans sa vie et elle transparaît dans les albums de « Tintin ». Un exemple : dans « Les 7 boules de cristal », il est question de magie noire. Les savants sont condamnés à une espèce de transe jusqu’à ce que la malédiction soit levée à la fin de l’histoire. Dans « Tintin au Tibet », Hergé inclut des rêves prémonitoires, de l’hypnose, de la lévitation. Les sources d’inspiration sont nettes : Hergé a très probablement lu les ouvrages d’Alexandra David-Néel, la première femme à s’être rendue au Tibet. J’ai aussi collecté des témoignages des collaborateurs de Hergé chez Casterman, le dernier éditeur de Jacques Martin qui a collaboré dix ans avec Hergé et qui était lui aussi sensible à la dimension fantastique des choses. J’ai lu sa correspondance et les livres que lui-même avait lus. Un troisième album, un des moins appréciés à la fin de sa carrière, à savoir « Vol 714 pour Sydney », est très intéressant avec son personnage d’Eztanitoff (une transcription du marollien « Is dat niet tof ? », « C’est pas chouette ? ») qui collabore à la revue « Comète ». Derrière lui se dissimule un être réel, Jacques Bergier, coauteur d’un best-seller dans les années 60, « Le matin des magiciens », le manifeste du réalisme fantastique où il est question d’alchimie, de civilisations disparues, de la théorie des anciens cosmonautes, présente dans l’album. Hergé a aussi été influencé par un auteur ésotériste, Charroux, qui a écrit « Le livre des secrets trahis ». Les dieux, les anges, les démons seraient d’anciens cosmonautes venus sur Terre enseigner au genre humain des techniques lui permettant d’évoluer. Hergé met en scène des initiés qui communiquent avec les extraterrestres, avec les étoiles. Dans cette sous-lecture de Hergé, on dépasse l’auteur de BD jeunesse pour découvrir un homme avide de mystères. Il est attiré par l’invisible et l’inconnu. Dans ses entretiens, avec Numa Sadoul dans les années 70 à Bruxelles puis avec Benoît Peeters peu de temps avant sa mort, il en parle. Sadoul demande : « Si vous n’aviez pas été créateur de BD, qu’auriez-vous aimé faire ? » Et il répond : « J’aurais aimé découvrir des civilisations disparues. » Il va au-delà des apparences, dans une sorte de parcours initiatique vers ce qui nous échappe. Le yeti de « Tintin au Tibet » lui a été inspiré par son collaborateur Bernard Heuvelmans. C’était un naturaliste qui avait inventé une nouvelle discipline, la cryptozoologie, la recherche d’animaux inconnus ou légendaires. Il est question du yeti en 1951. Cette année-là, un explorateur américain avait pris des photos des pattes du yeti. Ces fameuses empreintes se retrouvent en couverture de l’album. Le yeti serait un primate ignoré mais celui de Hergé, au nom tibétain, le Migou, qui signifie l’homme sauvage, est un archétype du Moyen Âge occidental : gigantesque, velu, pourvu d’une massue énorme, qu’on retrouve dans un conte des frères Grimm. Quant à Tchang, personnage clé, j’ai fait sa connaissance. C’est lui qui amène Hergé à se passionner pour tout ce qui est sagesse orientale. Notamment le livre « Tao Te King », de Lao Tseu, « La voie et sa vertu ». Dans « Le Lotus bleu », on retrouve Didi, un fou qui veut couper la tête de Tintin, en voulant lui montrer la voie… Hergé a ainsi intégré le taoïsme et le bouddhisme zen dans son œuvre. Il croit à la réincarnation, à la vie après la mort, à la philosophie orientale, aux rencontres dans une vie intérieure. Il s’intéresse aux sociétés secrètes, comme celle des hommes-léopards dans « Tintin au Congo ». Ses recherches se retrouvent dans ses albums Hergé ne voyageait pas mais se documentait énormément : ce serait un explorateur immobile de l’inconnu ? C’est un voyageur dans sa tête. Il a bénéficié des conseils d’un personnage énigmatique, Jacques Van Melkebeke. J’ai eu accès à ses Mémoires inédits. C’est l’apporteur d’idées non seulement à Hergé mais aussi à Edgar P. Jacobs pour de nombreux scénarios. C’était un peintre, condamné à la prison après la Seconde Guerre pour faits de collaboration dans la presse et premier rédacteur, sous couvert d’anonymat, du journal « Tintin » en 1946. Van Melkebeke apporte à Hergé l’idée du « Temple du Soleil », un récit initiatique. Lui était initié à la franc-maçonnerie mais Hergé pas ! Il n’a jamais été franc-maçon. Je relève au contraire beaucoup de relents antimaçonniques. Cette défiance vient de son premier mentor, l’abbé Wallez, qui l’engage au « XXe Siècle », le grand journal catholique de l’époque, dont il est le directeur, avant de lui confier le supplément jeunesse « Le Petit Vingtième ». C’est lui qui lui donne l’idée d’envoyer Tintin chez les Soviets. Wallez est un admirateur de Mussolini. Il a une photo du Duce sur son bureau. Il engage Hergé en 1928 pour égayer les pages puis, en 1929, il lance « Tintin ». Mais il engage aussi un autre collaborateur… Léon Degrelle. Wallez est un complotiste. Il pense que les francs-maçons et les juifs tirent les ficelles de ce grand complot. Une croyance répandue à l’époque à cause d’un faux, le fameux « Protocole des sages de Sion », que Wallez a certainement lu. Wallez et son disciple Hergé ressentent en fait une fascination pour les sociétés cachées. D’où l’album très mystérieux et onirique tournant autour du trafic de drogue, « Les cigares du pharaon ». On y voit une bande d’encagoulés autour d’un grand maître, l’horrible Rastapopoulos, s’appelant « frères » entre eux ; c’est du vocabulaire maçonnique. Hergé se questionne, veut dépasser les apparences : est-il croyant ? Il baigne dans un milieu catholique et reste proche de Wallez, pourtant écarté de la direction du « XXe Siècle » durant la guerre et qui se retrouve conservateur de l’abbaye d’Aulne. Il lui rend visite. Mais il n’est pas croyant. Il croit en des forces psychiques dissimulées. Il est beaucoup plus proche de Carl Gustav Jung. Ce dernier s’intéresse à l’alchimie, à l’ésotérisme. Il publie sur ces sujets. Hergé, dépressif, va le consulter en Suisse. Il se sépare de sa première épouse pour Fanny, une jeune coloriste dont il est tombé amoureux. À l’époque, Hergé fait de nombreux rêves, un élément important de ses albums. Des rêves de blancheur. Il a même voulu une couverture toute blanche pour « Tintin au Tibet », qui lui a été refusée par les éditions Casterman. Qu’est-ce qui a manqué à Hergé pour devenir un grand auteur de littérature fantastique ou de science-fiction ? La BD est un art proche de l’infini, qui mélange les mots et les images. Hergé est arrivé à accomplir cette alchimie. C’est un grand auteur, un excellent dialoguiste, mais aussi un graphiste de premier plan. Il allie la puissance du dessin et la puissance des mots. À sa mort en 1983, il laisse « Tintin et l’Alph-Art » où il compare par dérision l’art contemporain à une secte. Il prévoit d’accueillir Tintin au musée. Une prémonition qui s’est réalisée au Musée Hergé de Louvain-la-Neuve. « Hergé occulte, la ligne sombre », par Arnaud de la Croix, Camion noir, 242 p., 28 €.

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